The Riot Club (2014) – Lone Scherfig

Quand plusieurs personnes forment un groupe dans le but se réunir régulièrement autour d’un diner pour argumenter sur divers sujets, on dit alors qu’ils font parti d’un club de restauration. Ou dining club, puisque c’est un concept typiquement british.
Mais qu’arrive-t-il lorsque le groupe pousse ses membres à l’extrême ?


Tout commence avec la pièce de théâtre « Posh », écrite par Laura Wade et mise en scène pour la première fois en 2010.

C’est le Bullingdon Club qui l’inspira. Club non-officiel de l’université d’Oxford connu pour son attrait au vandalisme justifié par remboursement des dégâts et achat du silence, il connu dans ses rangs le Premier Ministre David Cameron ainsi que les actuels Maire de Londres et Chancelier de l’Echiquier. Fondé il y a plus de 200 ans, le Bullingdon Club était au commencement plus ou moins sagement occupé à la chasse et au criquet. Petit à petit les diners sont devenus plus fréquent, et saccager restaurants et chambres universitaires, un passage obligatoire.

La pièce a du succès, et on demande à l’auteur d’adapter son texte au cinéma. Elle n’est plus confinée au huis clos et a la possibilité d’approfondir ses personnages et leur environnement.
En découle « The Riot Club » sous la caméra de Lone Scherfig.

L’ouverture sur un fond de musique dramatique nous montre presque comiquement la création du Riot Club en l’honneur d’un certain Lord Riot mort suite aux excès qui feront le credo de ce club de restauration fictif. L’ordre de débauche est à peine donné que le titre du film s’affiche sur fond noir, simple mais imposant pour ensuite laisser place à un Oxford contemporain. Le contraste est percutant. Et ce ne sera pas le seul car le film met en lumière les différences, qu’elles soient sociales, politiques ou morales.

rtfrMiles Richards et Alistair Ryle, tout deux de la « haute », sont donc de parfaits contraires, que ce soit dans l’allure, l’assurance, l’opinion politique ou les valeurs. Le premier est incarné par Max Irons qui dégage respect, altruisme et naïveté avec justesse et décontraction tandis que Sam Claflin nous donne un Alistair Ryle snob, rigide, couard et antipathique à souhait. Le talent de ce dernier en est plus que confirmé, lui qui nous avait habitué à un Finnick Odair (The Hunger Games) séduisant et plein d’empathie.

Dans la continuité des deux protagonistes, de la confrontation au Riot Club en ressortira deux expériences complètement opposées.

Le Riot Club est composé de dix jeunes hommes, qui se considèrent comme l’élite de l’université d’Oxford et pour certains plus encore. Ils sont amenés à occuper de très importants postes jusque dans le gouvernement et avant d’en être responsable ils veulent profiter pleinement de leurs dernières années de « liberté ».
Et la débauche s’accorde donc avec l’élitisme.

La classe moyenne est quant à elle représentée par les trois figures féminines du film.
Lauren, élève à Oxford qui va tomber sous le charme de Miles.
Rachel qui travaille dans la restauration en famille lorsqu’elle n’est pas à l’université.
Enfin, Charlie qui depuis la fin du lycée gagne sa vie en tant qu’escort girl.
Trois femmes fortes qui ne se laisseront pas manger au dessert. Ou l’entremet.

La caméra de Lone Scherfig nous offre un Oxford à la fois traditionnel et moderne. Elle se faufile entre les meubles et les portes, et sa vision à travers vitres, verres et miroirs nous remet à notre place de spectateur en nous précisant que nous non plus nous ne faisons pas partie de cette élite. Élite qui nous déroute : on l’aime, on l’envie, on la méprise.

THE RIOT CLUB

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